18.05.2007
L'Observatoire de Politis entre en activité
Au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l'hebdomadaire Politis a décidé de lancer un observatoire, comprenant huit personnalités, reconnues pour leur compétence dans leur domaine d’activité et leur engagement citoyen: l'Observatoire du 6 mai.
Cet observatoire interviendra publiquement chaque fois que le nouveau président de la République, ou un membre de son gouvernement envisagera, proposera ou annoncera «une mesure susceptible de porter atteinte aux libertés ou à la dignité humaine, d’enfreindre l’esprit de justice, d’aggraver les inégalités sociales, ou les déséquilibres environnementaux.»
«On a surtout cherché à couvrir des cercles de compétences assez vastes lorsque l'on a choisi les membres qui composent notre observatoire, explique Denis Sieffert, président et directeur de la publication de Politis. Compte tenu du fait que chacun est spécialiste dans son domaine, on espère être en alerte sur un maximum de sujets.»
Des alertes que le journal enverra par communiqué à toute la presse, qu'il publiera sur son site internet, et dans l'hebdo. «Mais on ne va pas jouer aux petits roquets et se galvauder trois fois par jour, prévient Sieffert. L'idée, c'est d'intervenir à bon escient. On doit uniquement intervenir sur des sujets qui nous paraissent graves, en apportant des éclairages.»
L'observatoire est actif dès ce vendredi 18 mai, jour de l'intronisation du gouvernement Fillon.
Les huit membres de l'observatoire sont :
• Annick Coupé, syndicaliste, porte-parole de l’Union Syndicale Solidaire,
• Bernard Dréano, président du Centre d’études et d’initiatives de Solidarité internationale (CEDETIM),
• Eric Fassin, sociologue, enseignant à l’Ecole normale supérieure,
• Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature,
• Didier Ménard, président du Syndicat de la Médecine générale,
• Dominique Rousseau, professeur de droit public à Montpellier 1, ancien membre du Conseil supérieur de la Magistrature (2002-2006),
• Pierre Tartakovsky, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, rédacteur en chef de la revue Hommes et Libertés,
• Jacques Testart, biologiste, directeur de recherches à l’Inserm.
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Sarkozy tient ses promesses : un gouvernement de choc
Nicolas Sarkozy vient de composer un gouvernement de choc. Il a beau en faire des tonnes sur l’ouverture et faire une grande opération de communication, les hommes choisis ont un sens.
François Fillon, premier ministre, et Alain Juppé, numéro 2 de la nouvelle équipe, ont en commun de s’être attaqués à la protection sociale et au droit à la retraite en 1995 et 2003, en suscitant des grèves et des mouvements sociaux sans précédent. Des hommes déterminés à appliquer le programme de rupture du président de la République : remise en cause du droit de grève et du code du travail, nouvelles privatisations, expulsions de familles sans-papiers... L’intitulé des ministères ne laisse pas place au doute : l’ordre moral et sécuritaire est au pouvoir avec, par exemple, la présence de Christine Boutin au logement et à la ville, ennemie acharnée du droit à l’avortement, ou la création du ministère de l’identité nationale. Certains, à gauche, comme Kouchner, n’en finissent pas de dériver vers la droite en se ralliant au sarkozysme, et en lui servant de caution gauche et soixante-huitarde. L’heure est, à l’opposé, à la construction d’un front unitaire de résistance contre la politique de Sarkozy et la construction d’une alternative anticapitaliste.
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Ministère de l'immigration: première crise, premières démissions
Un groupe d'universitaires quitte la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Ils s'opposent à l'instauration «inacceptable» de ce ministère.
Huit universitaires ont annoncé vendredi leur démission des instances officielles de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), qui doit ouvrir ses portes en 2007. Ils protestent contre l’instauration «inacceptable» d’un ministère de «l’immigration et de l’identité nationale».
Selon l’historien Patrick Weil, spécialiste des questions d’immigration, signataire d’un texte adopté par sept autres universitaires, «l’association de l’immigration et de l’identité nationale est inacceptable». «C’est une honte, a-t-il déclaré à l’AFP. Au moment où tant de gens se rallient en trouvant formidable de faire partie d’un gouvernement moderne, il faut rappeler qu’il y a quelque chose qui n’a rien de moderne et au contraire effrayant dans la création de cette administration.» Selon le texte, le rapprochement des deux termes «s’inscrit dans la trame d’un discours stigmatisant l’immigration et dans la tradition d’un nationalisme fondé sur la méfiance et l’hostilité aux étrangers dans les moments de crise».
Le texte rappelle que la CNHI vise à «rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle, et contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration». L’un des défis est de «faire admettre comme patrimoine commun ce phénomène indissociable de la construction de la France qu’est l’histoire de l’immigration».
Les autres signataires du texte sont Nancy Green, Gérard Noiriel, Patrick Simon, Vincent Viet, Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Geneviève Dreyfus-Armand.
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